samedi, août 06, 2011

EN CATIMINI…

Résurgence de la famine dans la corne de l’Afrique (Somalie, Kenya, Éthiopie, Djibouti…), risque de nouvelle crise économique et financière dans le monde- une gracieuseté de l’aveuglement idéologique dont se livrent Républicains et Démocrates américains- terrorisme "interne" en Norvège…
Le centre d’intérêt de l’information a glissé vers les événements du moment, comme si les médias étaient pressés par « le temps [qui] est l’argent », pour rapidement passer à autre chose, en reléguant aux oubliettes les événements qui tardent à trouver leur dénouement. Ainsi donc la Lybie n’est plus sous les feux de la rampe depuis que les caméras des médias internationaux ne sont plus braquées en permanence sur "la révolution" qui peine à s’y installer. Raison pourquoi les victimes civiles du conflit ont changé de camps. Elles sont maintenant plus à déplorer du côté des "kadhafistes" puisque les forces occidentales, assurées de ce que nul ne les voit plus, emploient désormais les mêmes méthodes pour lesquelles elles condamnèrent et intervinrent militairement contre le rais libyen !
EMERY UHINDU-GINGALA GINGANJ


Qu’on se rappelle : L’expédition des forces de l’Atlantique Nord avait pour but avoué la protection des civils contre le leader de la Jamahiriya. Les dérapages commencèrent aussitôt que la mission s’étendit à la "neutralisation des cibles militaires".
Un mandat dévolu en catimini puisque personne n’avait évoqué auparavant cette évolution. Elle était nécessaire, apprit-on après coup, puisqu’on ne pouvait adéquatement protéger les civils sans se défaire de ce qui menaçait la sécurité de ces derniers. C’est-à-dire les cibles militaires. Faut-il croire que les stratèges militaires de cette puissante organisation l’ignoraient avant que d’engager au combat leurs contingents…aériens ?
Mais si ce n’était que cela passe encore. Voilà que nul ne semble savoir avec exactitude ce qui en Libye constitue une cible militaire. Et surtout ce qui doit distinguer le militaire du civil. Une nuance propre à épargner de milliers de vies humaines à Tripoli ; si tant est que les Occidentaux s’en soucient réellement. Or donc il y a des raisons d’en douter.

Aujourd’hui les forces de l’OTAN tuent des journalistes libyens, à l’abri des regards, pour "réduire au silence Mouammar Kadhafi". Pressés d’en finir avec ce dernier, et par crainte d’un enlisement annoncé, les Occidentaux ne prétendent plus à de frappes voulues "chirurgicales" tant celles-ci devaient être précises dans l’atteinte de la cible. Et si leurs tirs de missiles sont de plus en plus ciblés, ils semblent maintenant viser tout ce qui se rapporte à Kadhafi, ses enfants et ses petits-enfants d’abord, "sa télévision" ensuite, dans une frénésie meurtrière qui confine à l’aveuglement. Comme si leurs auteurs n’avaient d’autre choix que de déverser une pluie de bombes sur Tripoli pour le cas où l’un de ces engins "intelligents" finirait par débusquer le colonel Kadhafi au détour d’une rue. Pour ensuite lui exploser en pleine face.

Les états-majors de l’OTAN agissent dans la fébrilité et la précipitation, au risque de tomber dans l’improvisation, car ils ont conscience que Kadhafi aussi joue la montre.
Et que le temps lui est plutôt favorable si l’on en croit les déclarations du ministre français des affaires étrangères. Or donc Alain Jupé évoque désormais publiquement un scénario qui exclut une victoire militaire sur le régime de Mouammar Kadhafi. C’est-à-dire que si Kadhafi survit à cette désastreuse campagne, et celui-ci compte bien y survivre, il faudra se résoudre à composer avec celui qui manifestement n’oubliera jamais. Gare alors aux représailles que le guide libyen ne manquera pas de vouloir exercer sur ceux qu’il tient désormais pour ses ennemis. Elles seront forcément reliées au pétrole et aux dollars (ou aux pétrodollars), on s’en doute un peu. Mais pourront s’étendre également, au gré de l’humeur de l’inconsistant colonel, sur le plan de la sécurité mondiale. C’est-à-dire que le guide libyen pourrait revenir à ses anciennes amours en finançant le terrorisme international, un domaine dans lequel l’homme possède hélas une expertise avérée. Toutes choses au demeurant réalistes aux yeux de ses ennemis, d’autant qu’ils savent que Kadhafi a les moyens de sa politique. Et aussi qu’il a aujourd’hui, plus qu’avant, la motivation suffisante pour déclencher une telle capacité de nuisance.

C’est cette perspective qui affole les Occidentaux. Ils la voient venir tel un conducteur qui a perdu le contrôle de son véhicule voit arriver le mur dans lequel il va fatalement entrer. Devant ce donné l’OTAN a d’ores et déjà décidé que la disparition physique du leader libyen s’imposait comme une fin en soi. Depuis, c’est devenu l’objectif majeur de cette campagne expéditionnaire, quoique tous s’en défendent officiellement. Raison pourquoi les forces de l’Atlantique Nord dérogent allègrement aux principes à la base même de leur salvatrice intervention en Lybie. Pour ces pays énergivores, et qui craignent plus que tout la prolifération des attentats terroristes sur leur sol, un Kadhafi vivant et aux commandes de la Libye constituerait un vrai désastre. On ne dépense pas tant d’argent pour un résultat contraire à l’investissement. Car un bon Kadhafi est un Kadhafi mort ! Ils ont donc délibérément opté pour un sanglant raccourci dont personne ne s’indigne, pratiquant la politique de la terre brulée, faisant à dessein l’amalgame entre le militaire et le civil. Alors même que rien ne peut autoriser que quiconque s’exposât à constituer une cible militaire parce qu’il soutient un dictateur. Surtout s’il n’a jamais participé à des actions de ce type. Dans cet engrenage l’Occident a d’ores et déjà intégré les dérapages et assume les victimes collatérales. Pour le reste on verra plus tard comme d’habitude.

L’autre alternative, en désespoir de cause, car l’enjeu en vaut la chandelle, en est qu’en définitive il vaut mieux Kadhafi et le pétrole, mais sans les attentats terroristes, qu’une guerre interminable qui grève les budgets. Et tout ceci bien entendu avant le déclenchement des élections législative et présidentielle. Surtout en France et aux États-Unis. Il faut donc faire vite pour dénouer l’un ou l’autre scénario.
On ne devrait guère s’étonner, partant, à ce qu’il y ait une recrudescence de victimes innocentes à Tripoli dans un avenir proche. Quitte donc à les justifier après coup.
Or donc c’est pour des faits semblables (crimes de guerre) que Kadhafi et ses proches sont visés par un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI).
Inutile de gager qu’aucune enquête de ladite cour ne se penchera sur la question. Car dans la moralité occidentale les victimes collatérales du colonel libyen valent plus que les hommes, les femmes et les enfants que leurs bombes déciment désormais sans nuance à Tripoli. Comme si ces missiles avaient du coup perdu leur "intelligence" en même temps que les "justiciers" qui les téléguident loin des lieux des hostilités perdaient tout sens de la mesure. Et avec elle la vertu de leur cause. Sur le terrain les victimes de Kadhafi sont des martyrs qui tombent pour la démocratie. Tandis que les autres ne se retrouvent qu’au mauvais moment, au mauvais endroit. Sinon que dans le mauvais camp !

Les choses cachées en Côte d’ivoire
"Des démocraties en développement !". C’est ainsi que Barack Obama qualifiait les régimes des présidents africains francophones qu’il recevait à la Maison Blanche. Cette nuance dans les termes ressemble bien au président américain. Le mot "développement" était placé à dessein pour atténuer la qualité desdites démocraties. Pour dire qu’elles n’ont pas encore atteint à la maturité désirée par ceux qui seuls savent ce que démocratie veut dire. Obama sait bien qu’au moins un des ses hôtes, en l’occurrence Ouattara, pourrait hâtivement revendiquer une vertu dont il n’a encore fait aucune preuve. En se gargarisant du fait que le président des Etats-Unis lui-même aurait estampillé son pouvoir du sceau de la démocratie. Alors même que la Côte d’Ivoire n’a jamais été un pays où il fait si peu bon vivre que depuis que Dramane Alassane Ouattara y est le président. Partout l’atmosphère y est lourde et délétère, chargée de suspicion et de délation. Une chasse à l’homme aux relents tribaux et politiques semble s’y être ouverte et, comme jadis la chasse à courre, tacitement autorisée. Vols, viols et exécutions sommaires ont cours dans le pays en toute impunité pour les délinquants, exactions perpétrées par les milices du Premier ministre Soro ou d’autres seigneurs de guerre qui se paient carrément sur l’habitant en un racket sur lequel le nouveau pouvoir détourne pudiquement les yeux.
Un tribut que ces "Com-zones"- commandants des zones- croient avoir mérités. Et Ouattara leur doit bien ça puisqu’ils auraient contribué à asseoir ce dernier sur le trône à la place de Gbagbo. Ils sévissent donc chacun chez soi dans ces zones, véritables espaces de non-droit, où ils font régner la terreur sans s’inquiéter d’autant plus que l’État y est absent. Les prérogatives qu’ils usurpent si aisément sont à ce point étendues que ces "Outlaws" détiennent en captivité leurs propres prisonniers. Nombre de dignitaires de l’ancien régime sont ainsi entre leurs mains.
On n’ose à peine imaginer les sévices que ces malheureux doivent encourir, à l’abri des regards, entre des mains réputées exercées aux exactions les plus horribles. Manifestement la révulsion a fini par atteindre l’ONU en côte d’Ivoire (ONUCI), jadis alliée inconditionnelle d’Alassane Ouattara, pour qu’elle en vint à dénoncer vertement la situation. Mais peut-être aussi qu’elle ne le fait que par opportunisme puisque des ONG tels Human Rights Watch (HRW), et même la Croix-Rouge Internationale, s’en étaient déjà préoccupés publiquement.
D’ailleurs le système judiciaire lui-même ne fait pas mieux puisque des caciques de l’ancien pouvoir sont privés de liberté, mais en toute illégalité, sans qu’ils ne soient accusés ou inculpés de rien, comme si l’on cherchait encore à propos de quel délit il faudrait leur faire porter le chapeau. Autrement, pourquoi Michel le fils ainé de Laurent Gbagbo demeure-t-il en captivité tout en subissant des vexations auxquelles se livre d’ordinaire une république bananière ? Ou sinon que, il faut le dire, une dictature ?
Or donc tous en Côte d’Ivoire savent que le jeune homme n’a jamais été d’un quelconque combat politique, il n’était pas le dauphin de son père au point qu’il fut pressenti pour lui succéder. Il n’a jamais occupé un poste ministériel, ni même qu’il ait profité de son statut de fils de président pour s’enrichir outrageusement. Bref, Michel Gbagbo n’est pas Karim Wade. Ou Seif-El-Islam Kadhafi. Loin s’en faut. Mais alors pourquoi paie-t-il pour, et avec, son père ?

À Dramane Ouattara d’aucuns ont toujours accolé l’irascibilité et la rancune. Des traits de caractère somme toute très proches de la vengeance. Michel Gbagbo, plus que quiconque, doit en être aujourd’hui convaincu. Mais pas seulement lui d’ailleurs : la presse de l’opposition est désormais gentiment invitée à s’autocensurer, des journalistes du "camp Gbagbo" reçoivent régulièrement des menaces quand ils ne sont tout simplement pas molestés et voient leur matériel saccagé. Toutes choses qui se déroulent dans la confusion la plus propice au mépris des droits humains. À l’abri des regards, en catimini…
The last but not the least, le directeur-général de la Télévision publique ivoirienne a été chassé de son poste tel un malpropre. Le quidam aurait tout bêtement omis de dépêcher une équipe pour couvrir le "retour triomphal" du président après le sacre de ce dernier à la Maison Blanche. Crime de lèse-majesté !

À ce point du burlesque on atteint aisément au culte de la personnalité. On se doute bien de ce à quoi va désormais servir cette chaine. Surtout que son nouveau directeur, un des proches du président, contrairement à son prédécesseur, sait maintenant ce qu’il ne faut pas faire. À défaut des directives claires sur ce qu’il doit faire pour servir le bien public, et non pas que le président de la république. Tout ceci laisse perplexe quand on sait que Ouattara n’en est qu’au tout début de sa présidence. Et avec tous les appuis occidentaux dont il a su s’attacher-les seuls qui comptent réellement pour un chef d’État africain- l’homme semble disposer de beaucoup de temps encore devant lui pour dérouter. Bien de mauvaises surprises en perspective. Mais s’il est une chose dont les Occidentaux ont démontré de la virtuosité, c’est leur capacité à retourner leur veste pendant qu’ils changeaient leur fusil d’épaule. Ouattara gagnerait à s’instruire auprès de son rival Gbagbo. Il ne peut ignorer que Ben Ali et Hosni Moubarak étaient, quelque mois seulement avant leurs chutes, les meilleurs alliés de l’Occident en Afrique puisqu’ils constituaient de solides remparts contre le terrorisme islamique. Et qu’à ce titre, et avec la bénédiction de ce même Occident peu regardant alors sur les méthodes employées pour ce faire, ils sévirent durement contre les islamistes sur leur territoire respectif.
Kadhafi, lui, pensait que le renouvellement de ses amitiés occidentales le mettait dorénavant à l’abri de la diabolisation dont il fait les frais aujourd’hui. D’autant que Nicolas Sarkozy sortait à peine de Tripoli pour, toute honte bue, le désavouer aussitôt après.

En Afrique le Sénégal fut le premier et le seul à emboiter le pas à l’Occident pour exiger le départ de Kadhafi jadis cependant le plus grand bienfaiteur de ce pays. Mais l’opportunisme de son président Abdoulaye Wade est légendaire sur le continent.
Le vieil homme, dit-on à Dakar, ressemble à un épouvantail qui n’émeut même plus les oiseaux…
En politique internationale, au gré des intérêts souvent à court terme, les choses se concluent d’ordinaire dans le retournement de situations. Parfois même dans la trahison. Publiquement ou en catimini.
Alassane Dramane Ouattara a le tort de croire que les choses ont changé depuis son avènement.
EMERY UHINDU-GINGALA GINGANJ
Cet article est disponible sur Afrique Actu:
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1 Comments:

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